Thierry Cladères
Ma mère voulait que ses enfants connaissent le langage musical universel. Ce n’était pas négociable, une affaire de bagage dans la vie. Mon frère a boudé, moi j’ai foncé et ce fut immédiatement un plaisir. Pour me distinguer d’un père pianiste-compositeur, à sept ans je choisis la guitare et je commence avec un professeur de classique qui m’ennuie beaucoup, mais qui a le mérite de m’offrir de solides bases. Je poursuis mon apprentissage au conservatoire de Béziers (qui me barbe vite dans sa rigidité pédagogique) puis en cours particuliers sur huit années, plus tournés vers la musique rock. A dix ans avec ma première guitare électrique en bandoulière, je découvre la scène dans une comédie musicale mise en scène par Luca Franceschi. Adolescent, je monte mon groupe stoner. Je me souviens de la joie de se faire remarquer avec des sélections de tremplins régionaux comme les JMF (jeunesse musicale de France) ou la scène « jeunes talents » de la fête de la musique de Béziers. Lycéen, je découvre le jazz avec mon professeur Frank Lopez. Je poursuis en cursus sur deux ans au Jam de Montpellier, tout en passant mon bac et mon été en stage au festival de Marciac (avec le guitariste Nelson Veras). Trois ans plus tard, j’obtiens ma licence de Musicologie Jazz à Toulouse. Je profite de ces années de fac pour consolider ma connaissance théorique et j’ouvre complètement ma pensée musicale en m’essayant à des formations d’improvisation libre, de musique radicale. Je joue beaucoup, tout le temps, bœufs, concerts, enregistrements avec entre autres le formidable saxophoniste Pierre Diaz. Par ailleurs, je compose pour la metteuse en scène Kasia Kurzeja ou encore l’écrivaine Jo Witek en lectures musicales littéraires à la cave poésie de Toulouse ou le SLPJ de Montreuil.
Aujourd’hui, à vingt-trois ans et après deux confinements, le cœur de mon travail d’interprétation et de composition est à Toulouse avec le groupe Totun. Un nouvel EP se prépare ainsi qu’une tournée en région Occitanie pour 2021/22 ( La Cigalière, Le Sonambule…).
PEDAGOGIE
 
Enseigner me plait parce que c’est un travail riche en créativité, échange, rencontres. J’essaie toujours d’adapter mon approche à chaque élève, en fonction des styles musicaux qu’il aime, de ses manières de se représenter la musique, son instrument, etc. C’est un accompagnement, une affaire de confiance mutuelle et de respect du rythme d’apprentissage de chacun. Un débutant n’arrive jamais vierge de musicalité, il sait, même enfant, il a déjà acquis un ensemble de savoirs « inconscients » sur la musique (assimilation des formules en 4/4 et 3/4, des gammes pentatoniques majeures et mineures par exemple). Partir des notions déjà assimilées par la simple écoute du monde est une bonne façon de commencer… Pour m’être beaucoup ennuyé dans certains cours de guitare, je rejoins à 100% la philosophie pédagogique d’A2M, qui privilégie l’amusement, le désir de faire la musique et permet d’accéder rapidement à l’expérience de groupe et de la scène.